Mille et un cinéma(s)

Certains l'aiment chaud

Réalisé par Billy Wilder en 1959

Avec : Tony Curtis – Jack Lemmon – Marilyn Monroe – George Raft – Pat O’Brien

Deux musiciens de jazz au chômage, mêlés involontairement à un règlement de comptes entre gangsters, se transforment en musiciennes pour leur échapper. Ils partent en Floride avec un orchestre féminin. Ils tombent illico amoureux d'une ravissante et blonde créature, Alouette, qui veut épouser un milliardaire.

Billy Wilder met une fois de plus son humour décapant au service de la satire dans cette peinture virevoltante d’une Amérique jazzy, celle de la prohibition et des règlements de comptes. Le duo Curtis/Lemmon, est tout simplement merveilleux. Un véritable bijou de la comédie américaine. Les rebondissements, sans être totalement prévisibles, sont amenés aux spectateurs de façon subtile, afin qu’ils se laissent prendre au jeu de la découverte.

Certains l’aiment chaud, devenu un classique hollywoodien ayant traversé près de cinquante années sans prendre une seule ride, sera une référence pour toute une série de films jouant sur le travesti (ressort comique dont Chaplin lui-même avait déjà usé) et l'ambiguïté, de Victor Victoria (Blake Edwards, 1981) et Tootsie (Sydney Pollack, 1982) à Mrs Doubtfire (Chris Columbus, 1993).

L’argument de base – des hommes se travestissant en femmes pour travailler dans un orchestre féminin – est emprunté au film allemand de 1951, Fanfaren des Liebe de Kurt Hoffmann, lui-même remake d’une production française de 1935, Fanfare d’amour de Richard Pottier.

Alors que l’industrie cinématographique de cette époque privilégie des grands spectacles en couleurs pour enrayer la concurrence de la télévision, Wilder opte pour le noir et blanc. Il décide aussi de mêler le film de gangsters au burlesque et de jouer la carte rétro en situant son histoire pendant les années vingt. Tout le monde crie à l’échec. Ce sera un triomphe.

Nominé en 1960 dans 6 catégories, le film n’obtiendra finalement que l’Oscar des meilleurs costumes pour un film en noir et blanc, du fait de la rude concurrence cette année-là d’un autre chef d’œuvre des studios hollywoodiens, Ben Hur. Plus de chances toutefois aux Golden Globe, dans les catégories Meilleur film de comédie, Meilleur acteur dans une comédie pour Jack Lemmon, Meilleure actrice dans une comédie pour Marilyn Monroe.

Ce film marque le début de la collaboration du cinéaste avec Jack Lemmon. Ils tourneront par la suite La garçonnière (1960), Irma la douce (1963), La grande combine (1966), Avanti ! (1972), Spéciale Première (1974) et Buddy Buddy (1981)

 

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